Crime et châtiment

Publié le 19 mai 2026 à 08:31

Le personnage de Katerina Ivanovna

J’ai aimé le travail fait pour chaque personnage, mais si je devais faire un classement de ceux qui me parlent le plus, je dirais en premier : Katerina Ivanovna, la mère adoptive de Sonia.

Difficile de ne pas être ému par son sort. Elle est très pauvre et malade, a des enfants en bas âge (à part Sonia) qui ne mangent pas à leur faim. Elle les bat, selon moi plus par dépit et désolation que par besoin de les corriger.

Quand Loujine accuse, bien sûr à tort (un bel enfoiré celui-là, super bien travaillé aussi, comme tous les autres), Sonia de lui avoir volé 100 roubles, la façon qu’a Katerina de protéger sa fille adoptive (Sonia se prostitue malgré elle et fait vivre toute la famille) est très touchante. Elle la serre dans ses bras, c’est très émouvant. Elle ne le fait évidemment pas parce que Sonia se prostitue : elle aime profondément sa fille adoptive et irait jusqu’au bout pour la défendre, ce que, quelque part d’ailleurs, elle fait entre autres.

Si je pouvais identifier un seul bémol, c’est sa façon de traiter son mari Marmeladov, qu’elle bat quasiment aussi, en tout cas qu’elle méprise, moque, etc.

Bon, on me dira qu’elle fait ça avec quasiment tout le monde… Mais je trouve que c’est envers lui qu’elle manifeste le moins d’égards.

La scène du repas de funérailles a réussi (peu y sont arrivés) à me déclencher des sourires, voire presque plus, tant le ridicule mélangé de drames, de tristesse et de confusion y était réuni et si bien illustré.

Elle, tout comme ses enfants, qui ne mangent pas à leur faim, dont le mari alcoolique vient de mourir d’une sorte d’accident teinté de suicide, dépense dans le repas des funérailles de celui-ci la moitié du peu que l’on vient, par pitié pour elle, de lui donner.

En espérant lui rendre hommage et montrer aux gens la dignité et la grandeur de sa famille, elle ne voit débouler que des bras cassés… L’énumération et la description de ces derniers se pointant pour dîner sont remarquables.

Profiteurs en tout genre, qui en plus de n’en avoir rien à faire d’elle et de sa famille, ne se privent pas, la bouche pleine, comble de l’ingratitude, de réprimander son mari défunt en se moquant de lui et de son penchant pour le vin.

Sa grandeur d’âme l’a fait les laisser continuer de manger malgré tout.

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