Depuis un certain temps, je dirais environ dix ans, dans les quartiers dits populaires, on a vu apparaître le phénomène du « vas-y », en remplacement ou en complément du « à plus tard/ à plus » ou tout simplement du « salut».
L’explication de cette expression est, je pense, fondée sur un mélange de pudeur, de peur (de passer pour une personne trop magnanime), donc de se voir dominé au profit d’une candeur, voire d’une naïveté.
Le « vas-y » a donc comme but d’empêcher un « salut » ou « à plus tard », qui pourrait être, par un esprit sournois, pris pour un aveu de faiblesse, car étant perçu comme une affabilité excessive traduisant une forme de peur.
Le « à plus tard » ou « à plus » indique à son interlocuteur une volonté de se revoir, sans rendez-vous nécessairement prévu, et donc l’existence d’une réciprocité acceptée et affirmée.
Le « vas-y » indique simplement la confirmation du départ de son interlocuteur, dans une forme de neutralité, sans aucune autre volonté que celle-ci. Comme si on lui montrait simplement son chemin, qu’il s’apprêtait de toute façon à prendre. Une façon de lui dire : « tiens, c’est par là ».
C’est, selon moi, l’expression même d’une fragilité du viriliste masculiniste (chez qui ce propos se voit le plus fréquemment employé), et donc d’une contradiction, parmi d’autres, inhérente à cette idéologie…
Ajouter un commentaire
Commentaires