Grosso modo : en tant que fervent chrétien, De Vulpillieres nous dit, et en cela, rien de nouveau sous le soleil, que certaines engeances, dont des féministes, ovationneraient l’indécence, la fornication et « Mammon » (le dieu argent). Et que les croyants, surtout chrétiens comme lui, s’en émanciperaient grâce à la puissance vertueuse sur laquelle repose leur idéologie.
On est toujours sur la même dichotomie entre le bien et le mal.
D’un côté, les féministes diaboliques ; de l’autre, les croyants purs.
Plusieurs objections sont à apporter à ce constat. Premièrement, il faut démontrer que le diable existe. J’explique, entre autres, dans mon livre, que le concept du diable serait basé sur celui qui aurait eu le libre arbitre de se désintéresser de lui-même, ce qui est impossible, car tout choix n’est qu’intéressé. Aucun choix n’est désintéressé. Je m’explique.
Le diable aurait eu connaissance de la bienfaisance de Dieu pour lui, mais aurait préféré le mal, pour le mal. C’est-à-dire qu’il savait que Dieu était le meilleur pour lui, mais a choisi le moins bon. C’est impossible. Si l’on sait qu’une chose est meilleure pour nous plutôt qu’une autre, il est impossible de choisir l’autre : tout choix est intéressé.
Il n’y a donc, bien évidemment, pas de libre arbitre, puisque cela ne peut aller que dans un seul sens : celui que nous estimons aller dans notre intérêt ; le contraire est impossible.
Deuxième objection : comment peut-il nous dépeindre la foi chrétienne comme émancipatrice absolue de tous ces maux de notre société dont il parle, en ne nous parlant jamais de ceux qui, entre autres, entachent depuis toujours le corps ecclésiastique, et pas des moindres, à savoir la pédophilie…
Le constat qu’il fait concernant les pathologies sociales que le féminisme entretiendrait est cela dit intéressant ; en cela, je recommande son livre. Mais en faisant de cette idéologie un mal, tel le diable, qui voudrait s’autodétruire, il dépasse la raison et tombe dans la passion, ce qui, de facto, altère la bonne compréhension du réel et limite donc sa pertinence.
Je pense qu’il faut lire ce livre, mais lire avant tout Spinoza en amont, pour ne pas tomber, guidé par la peur du diable, dans ces idées aux arrière-goûts de complotisme.
Ajouter un commentaire
Commentaires