Ayant peur du désir masculin, de nos jours, la femme tend à vouloir contrôler celui-ci de manière autoritaire, en dictant à la lettre à l’homme comment l’exprimer. Via des codes, des lois, elle tente de réformer la façon selon laquelle il doit la désirer.
Le problème est que la femme est censée être séduite par un désir qui la surprend, auquel donc elle se soumet naturellement, puisqu’elle est fascinée par cette perte de contrôle d’elle-même vis-à-vis de ce désir qu’elle ressent face au désir exprimé par l’homme.
C’est justement cette perte de contrôle qui, en même temps, la fait rêver et lui fait si peur, car durant cette séquence, elle est vulnérable au vrai plaisir, comme aux dérives malsaines, évidemment réelles, bien que trop souvent exagérées par manque de compréhension de leur raisons, au mieux des moqueries, au pire des agressions.
Et c’est dans son analyse des sentiments exprimés par l’homme au cours de son désir pour elle qu’elle se voit perdue, ne comprenant pas les raisons pour lesquelles celui-ci ne les exprime pas à la lettre, comme elle voudrait qu’il les exprime.
En gros, elle reproche à l’homme de la traiter différemment de la façon dont elle voudrait l’être, quand justement le désir féminin ne peut pas s’exprimer lorsque l’homme la traite exactement comme elle dit vouloir l’être, puisque ce traitement a un nom : cela s’appelle tout bonnement l’amitié.
La différence entre l’ami et l’amant est que l’ami ne peut pas la surprendre. Il se comporte comme elle le veut, elle dicte ses limites, il les respecte, elle en fait donc un ami, en se disant, pour se rassurer, et en invoquant des raisons égoïstes et volontairement floues, qu’il agit ainsi par volonté, non par peur.
Tout en sachant pertinemment qu’il n’agit pas ainsi par volonté, elle tente de se mentir à elle-même plutôt que de dénouer le vrai problème.
Désirant farouchement être dominée et donc, pas crainte, mais cette domination laissant place à de probables dérives dont elle devra en gérer les raisons, et donc s’intéresser à l’homme, elle préfère, résignée parce qu’égoïste et d’abord peureuse, se cantonner à des hommes dont elle dicte le comportement à la lettre, comme elle le faisait avec ses poupées étant enfant.
Elle instaure une génération d'hommes-poupées, elle étend son domaine de jeux de Barbie et Ken au réel.
Celui-ci ne comprend plus rien, voyant son désir constamment refoulé par une doxa grandissante et imposante lui enjoignant, telles des maîtresses d’école, de changer sa nature et de la leur soumettre sous peine de privation de ses libertés.
Elles veulent priver de leur liberté les hommes dont elles estiment qu’ils les privent de la leur dès lors qu’ils expriment leur désir envers elles, alors que, pour qu’elles-mêmes puissent désirer, cela passe inévitablement par la surprise, et la surprise est justement une privation de liberté.
Le mot surprendre est très intéressant étymologiquement, parce qu’il contient l’idée de “prendre quelqu’un par-dessus”, presque “saisir d’un coup”, prendre par-dessus sa vigilance.
La femme veut donc être prise au-dessus de sa vigilance, tout en étant vigilante. Cela ne peut donc pas fonctionner : son désir ne peut en aucun cas s’exprimer dans ces conditions, car il repose sur une contradiction.
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